RESPIRER POUR GRANDIR : La respiration nasale : la respiration physiologique aux multiples bienfaits sur la croissance et la santé
- bugnicourthouartma
- il y a 7 jours
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Une observation simple… révélatrice du vivant
À une époque où les maladies respiratoires faisaient des ravages (diphtérie, infections pulmonaires…), certains enfants semblaient pourtant moins touchés, ou récupéraient plus rapidement.
L’inventeur Félix Plent remarqua ce phénomène intrigant. En observant ces enfants, il constata qu’ils s’amusaient régulièrement à souffler dans un tuyau plongé dans l’eau, produisant des bulles. Ce jeu, en apparence anodin, sollicitait en réalité une expiration longue, lente et contrôlée contre une résistance. Autrement dit, ces enfants réalisaient spontanément un véritable exercice de rééducation respiratoire, sans en avoir conscience.
Ce type d’expiration permet :
Une meilleure vidange pulmonaire
Un drainage des sécrétions bronchiques
Un renforcement progressif des muscles respiratoires
En améliorant la qualité de l’expiration, on améliore aussi la qualité de l’inspiration et on augmente la capacité respiratoire.
Cette observation inspira le développement du respirateur de Plant, illustrant de manière remarquable comment une fonction physiologique naturelle peut devenir un outil thérapeutique.

De manière générale, la respiration nasale chez l’enfant est un déterminant majeur du développement cranio-facial, de l’immunité et de la régulation neurovégétative.
Elle nous rappelle que le corps possède des capacités d’auto-régulation puissantes, souvent visibles dans le jeu spontané de l’enfant.
Le nez : bien plus qu’un simple passage d’air
Le nez est un véritable organe de régulation et de protection.
À chaque inspiration, il :
Filtre les microbes, allergènes et particules
Humidifie l’air pour protéger les muqueuses pulmonaires
Réchauffe l’air pour éviter les irritations bronchiques
Ce conditionnement de l’air est essentiel : un air froid, sec ou chargé en particules peut irriter les voies respiratoires et favoriser l’inflammation.
Mais surtout, le nez produit une molécule clé :
Le monoxyde d’azote (NO)
Cette molécule possède des propriétés :
Antibactériennes
Antivirales
Vasodilatatrices
Elle agit comme un véritable “désinfectant naturel” inspiré dès l’entrée de l’air.
Résultat : une meilleure oxygénation et une immunité renforcée dès les premières voies respiratoires.
Respirer par le nez, c’est mieux oxygéner le corps
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, respirer par la bouche ne fait pas entrer plus d’air utile.
Une respiration trop rapide et superficielle entraîne une mauvaise utilisation de l’oxygène.
La respiration nasale permet :
Une respiration plus lente, donc plus efficace
Une meilleure diffusion de l’oxygène dans le sang
Un meilleur équilibre entre oxygène et dioxyde de carbone
Le CO₂, souvent mal compris, est en réalité indispensable pour permettre à l’oxygène de pénétrer correctement dans les cellules (effet Bohr).
Cela favorise :
L’endurance
La concentration
Les fonctions cognitives
Respiration nasale et croissance : un pilier du développement facial
Chez l’enfant, respirer par le nez est fondamental pour une croissance harmonieuse du visage et des voies respiratoires. Il ne s’agit pas seulement d’une fonction respiratoire, mais d’un véritable mécanisme de modelage cranio-facial.
La langue est un organe clé, à la fois musculaire, postural et fonctionnel.
Lorsque l’enfant respire par le nez :
La bouche reste fermée, ce qui favorise une posture correcte
La langue se positionne naturellement contre le palais
Elle exerce une pression douce, continue et physiologique sur le maxillaire supérieur
Cette pression agit comme un stimulus mécanique permanent, essentiel à la croissance osseuse.
Elle permet :
Un élargissement transversal du palais
Une bonne formation des arcades dentaires
Une augmentation du volume des fosses nasales
La langue fonctionne ainsi comme un véritable “moule naturel du visage”, guidant la structure vers l’équilibre.
À l’inverse, lorsque l’enfant respire par la bouche :
La langue descend et perd son rôle de soutien
Le palais ne reçoit plus de stimulation mécanique
Les forces musculaires (joues, lèvres) deviennent déséquilibrées
Cela entraîne un développement vertical et étroit du visage.
Progressivement, on observe :
Un palais étroit et ogival
Un encombrement dentaire (manque de place → dents mal alignées)
Une mâchoire inférieure reculée
Une modification du profil facial (visage allongé, cernes, bouche entrouverte)
Mais aussi :
Une réduction du volume des voies aériennes
Une respiration plus difficile
Un risque accru de ronflement et d’apnées du sommeil
Moins de salive = plus de caries
Respirer par la bouche entraîne une évaporation accrue de la salive, provoquant une sécheresse buccale (xérostomie) plus ou moins marquée. Or, la salive constitue un élément central de l’équilibre et de la protection bucco-dentaire.
Elle joue plusieurs rôles essentiels :
Neutralisation des acides : grâce à son pouvoir tampon (bicarbonates), elle régule le pH buccal et limite l’acidité produite par les bactéries
Reminéralisation de l’émail : elle apporte calcium, phosphate et fluor, indispensables à la réparation des micro-lésions de l’émail
Protection antimicrobienne : elle contient des enzymes (lysozyme), des immunoglobulines (IgA) et des protéines antibactériennes qui freinent la prolifération des germes
Effet mécanique : elle participe au nettoyage naturel de la cavité buccale en éliminant les débris alimentaires
En cas de respiration buccale chronique, la diminution du flux salivaire entraîne une rupture de l’homéostasie orale.
Cela favorise :
Une acidification du milieu buccal (baisse du pH)
Une déminéralisation progressive de l’émail, le rendant plus fragile et perméable
Une prolifération bactérienne accrue, notamment des bactéries cariogènes comme Streptococcus mutans
Une inflammation gingivale, avec risque de gingivite puis de parodontopathie
C’est un cercle vicieux délétère : Moins de salive → plus de bactéries → plus d’acidité → plus de déminéralisation
Ce cercle vicieux conduit progressivement à :
L’apparition de caries
Une hypersensibilité dentaire
Une altération globale de la santé bucco-dentaire
Une barrière immunitaire active
La muqueuse nasale constitue une véritable interface immunitaire de première ligne, située au point d’entrée de l’air dans l’organisme. Elle joue un rôle essentiel dans la protection contre les agents infectieux et les particules environnementales.
Elle est composée d’un épithélium spécialisé riche en cellules immunitaires, notamment :
Les IgA sécrétoires, qui neutralisent les agents pathogènes dès leur entrée
Les macrophages, capables de phagocyter bactéries et débris
Les cellules dendritiques, véritables sentinelles qui analysent les antigènes et activent la réponse immunitaire adaptative.
Le mucus nasal, sécrété en continu, forme un film protecteur viscoélastique qui piège :
Virus
Bactéries
Allergènes
Particules fines
Ce tapis est ensuite déplacé grâce au mouvement coordonné des cils vibratiles, qui assurent l’évacuation des impuretés vers le pharynx, où elles seront détruites. Ce mécanisme fondamental est appelé clairance mucociliaire.
Au-delà de cette fonction mécanique, la muqueuse nasale participe aussi à une régulation immunitaire fine, en modulant les réactions inflammatoires et en favorisant la tolérance vis-à-vis de certains antigènes (notamment alimentaires et environnementaux).
Respiration par le nez et système nerveux : un régulateur du calme intérieur

Respirer par le nez active préférentiellement le système nerveux parasympathique, celui du repos, de la récupération et de la régulation. Ce système, piloté en grande partie par le nerf vague, permet au corps de sortir de l’état d’alerte pour revenir à un état de sécurité physiologique.
Une respiration lente = un signal de sécurité
Une respiration nasale, lente et profonde est un signal de sécurité :
Stimule les récepteurs pulmonaires et thoraciques
Envoie des signaux apaisants au tronc cérébral
Module l’activité de l’amygdale (centre de la peur)
Le cerveau interprète ce rythme respiratoire comme un signal de sécurité
Conséquences :
Diminution du cortisol (hormone du stress)
Ralentissement du rythme cardiaque
Amélioration de la digestion et de la récupération
À l’inverse, la respiration buccale est souvent un mode “alerte”:
Rapide
Superficielle (thoracique)
Irrégulière
Elle est fréquemment associée à une activation du système sympathique, celui de la vigilance et du stress. Le corps reste alors dans un état d’hypervigilance physiologique, comme s’il devait faire face à un danger.
Ce déséquilibre respiratoire peut entraîner des conséquences neurocomportementales:
Agitation motrice
Irritabilité
Fatigue chronique (malgré un état d’activation)
Troubles du sommeil (endormissement difficile, sommeil non réparateur)
Difficultés de concentration et d’attention
Il existe un impact direct sur le comportement chez l’enfant, son système nerveux est encore en maturation et particulièrement sensible aux signaux corporels.
Une respiration buccale chronique peut se traduire par :
Instabilité
Agitation
Difficultés à se poser
Troubles attentionnels parfois confondus avec un TDAH
Non pas par un trouble primaire du cerveau, mais par un déséquilibre neuro-respiratoire.
Les solutions pour retrouver une respiration nasale
L’expiration longue : un levier thérapeutique majeur pour tous
L’expiration est souvent la grande oubliée de la respiration, alors qu’elle constitue un temps clé de régulation et d’élimination. Les exercices tels que souffler dans l’eau, dans une paille ou un dispositif à résistance, sont particulièrement puissants car ils associent :
Un allongement du temps expiratoire
Une résistance douce et progressive
Un engagement actif du diaphragme et des muscles respiratoires
Cette combinaison en fait un outil thérapeutique complet, à la fois mécanique, neurologique et fonctionnel.
Activation du nerf vague : apaiser le système
Une expiration lente et prolongée stimule les récepteurs pulmonaires et thoraciques, qui envoient des signaux vers le tronc cérébral. Cela active le nerf vague, pilier du système parasympathique.
Conséquences :
Diminution du cortisol (stress)
Ralentissement du rythme cardiaque
Amélioration de la variabilité cardiaque
Modulation de l’inflammation
Le corps bascule d’un état d’alerte à un état de récupération et de sécurité.
Amélioration de la ventilation pulmonaire
Une expiration prolongée permet une vidange plus complète des poumons.
Cela favorise :
Une meilleure élimination du dioxyde de carbone (CO₂)
Une diminution de l’air résiduel stagnant
Une amélioration de la diffusion de l’oxygène (O₂)
Les échanges gazeux deviennent plus efficaces, notamment au niveau des alvéoles.
Pression expiratoire positive : effet mécanique profond
Souffler dans l’eau ou contre une résistance crée une pression expiratoire positive (PEP).
Ce mécanisme entraîne :
Une ouverture des bronchioles (prévention du collapsus)
Une mobilisation des sécrétions bronchiques
Une amélioration du drainage pulmonaire
C’est le même principe que certains dispositifs utilisés en kinésithérapie respiratoire.
Effet sur les sécrétions et l’immunité locale
En facilitant l’évacuation des sécrétions, on limite :
La stagnation du mucus
La prolifération bactérienne
Les infections respiratoires
Les poumons retrouvent un environnement plus sain, propice aux échanges et à la défense immunitaire.
Quand le jeu devient thérapeutique
Souffler dans l’eau n’est pas qu’un jeu.
C’est un exercice respiratoire complet :
Contrôle du souffle
Coordination
Régulation nerveuse
C’est exactement le principe utilisé en kinésithérapie respiratoire. Il faut inspirer par le nez, souffler par la bouche et augmenter progressivement le temps d’inspiration et d’expiration.
Exercice de respiration résistée (inspiré de la méthode de Félix Plent)

Cet exercice repose sur un principe simple mais très puissant : associer une inspiration nasale profonde à une expiration lente contre résistance.
Il permet de rééduquer le souffle, d’améliorer la ventilation pulmonaire et de restaurer progressivement une respiration nasale naturelle.
Matériel
Un tuyau ou une grosse paille
Un bidon, bocal ou bouteille partiellement rempli d’eau
Un système permettant de maintenir une légère résistance (bouchon adapté ou couvercle percé)
Protocole
Installer une posture stable
Dos droit mais détendu
Épaules relâchées
Pieds au sol
Inspirer lentement par le nez
En laissant le ventre se gonfler (respiration diaphragmatique)
Sans forcer
Placer le tuyau dans la bouche
Expirer doucement dans l’eau
Produire des bulles régulières
Maintenir un souffle long, stable et continu
Éviter de souffler trop fort (rechercher la fluidité plutôt que la puissance)
Veiller à la résistance
Le système doit offrir une légère opposition à l’air
Sans provoquer de gêne ni de surpression
Durée
1 à 2 minutes au départ
Jusqu’à 5 minutes progressivement
Idéalement 1 à 2 fois par jour
Les clés de la méthode
Privilégier la lenteur et la régularité
Ne jamais forcer
Rechercher une sensation de calme et de fluidité
Laisser l’expiration s’allonger naturellement
L’objectif n’est pas la performance, mais la rééducation du souffle.
Effets physiologiques
✔️ Amélioration de la ventilation pulmonaire→ meilleure vidange des poumons→ optimisation des échanges gazeux
✔️ Restauration progressive de la respiration nasale→ rééquilibrage du rythme respiratoire→ diminution de la respiration buccale
✔️ Activation du système parasympathique→ apaisement du système nerveux→ diminution du stress
✔️ Effet de pression expiratoire positive (PEP)→ ouverture des bronchioles→ mobilisation des sécrétions
✔️ Soutien de l’immunité respiratoire→ meilleure élimination des agents pathogènes→ diminution des infections ORL
Progression observée
Avec une pratique régulière, on observe souvent :
Une respiration plus ample et plus lente
Un retour spontané à la respiration nasale
Une diminution des épisodes ORL
Une meilleure tolérance à l’effort
Un apaisement global
Exercice de cohérence cardiaque (base incontournable)
6 respirations/minute (≈ 5 secondes inspiration / 5 secondes expiration)
5 minutes, 2 à 3 fois/jour
Effets :
Synchronisation cœur / respiration
Activation du nerf vague
Baisse du cortisol
Amélioration de l’immunité
Chez l’enfant : utiliser une visualisation (ballon qui gonfle / se dégonfle)
Exercice de respiration avec expiration prolongée
Variante simple :
Inspirer nez 4 secondes
Expirer nez ou bouche 6–8 secondes
Effets :
Stimule fortement le parasympathique
Diminue l’agitation
Améliore la qualité du sommeil
Exercice de respiration nasale consciente

Exercice de rééducation fondamentale
Exercice :
Bouche fermée
Inspirer et expirer uniquement par le nez
Observer le passage de l’air
2–3 minutes plusieurs fois/jour
Effets :
Réactive les voies nasales
Améliore la production de NO
Diminue la respiration buccale réflexe
Exercice de respiration abdominale (diaphragmatique)
Exercice :
Main sur le ventre
Inspirer par le nez → ventre se gonfle
Expirer par le nez → ventre se relâche
Effets :
Mobilisation du diaphragme
Amélioration ventilation pulmonaire
Activation du nerf vague
Chez l’enfant : avec un doudou sur le ventre (ludique)
Exercice de respiration “vague” (inspirée du yoga)
Pour une respiration fluide et continue
Exercice :
Inspirer par le nez → ventre puis thorax
Expirer → thorax puis ventre
Effets :
Coordination respiratoire
Détente profonde
Meilleure oxygénation
Exercice de respiration sonore (type “serpent”)
Très utile chez l’enfant
Exercice :
Inspirer nez
Expirer par la bouche en faisant “ssssssss” avec la langue
Effets :
Allonge l’expiration
Améliore le contrôle respiratoire
Améliore le placement de la langue et l’ouverture du palais
Effet calmant immédiat
Pour conclure : la respiration est un pilier de santé globale
Respirer par le nez agit en profondeur sur :
L’immunité
Le sommeil
La croissance
L’équilibre émotionnel
La posture
La santé bucco-dentaire
C’est une fonction simple… mais structurante pour tout l’organisme.
Respirer est un acte automatique. Mais bien respirer est un apprentissage.
Le nez n’est pas qu’un passage d’air :c’est un organe clé de régulation, de protection et de développement. Le souffle n’est pas qu’un mouvement :c’est un outil thérapeutique puissant. Et parfois, il suffit d’un jeu d’enfant…pour réapprendre à respirer.
Puissiez-vous redécouvrir, à travers le vitalisme et l’hygiénisme, des approches ancrées dans l’observation du vivant et le bon sens, pour devenir acteur de votre santé.
Marianne Houart-Bugnicourt




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