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DMSO : Une molécule fascinante entre médecine, recherche et approches intégratives

DMSO Propriétés
DMSO Propriétés

Découverte, histoire et propriétés exceptionnelles

 

Le diméthylsulfoxyde, plus connu sous l'abréviation DMSO, est sans doute l'une des molécules les plus fascinantes de la médecine moderne. Utilisé depuis plus de soixante ans, il suscite autant d'enthousiasme que de controverses. Pour certains chercheurs, il représente une découverte majeure aux propriétés encore insuffisamment exploitées ; pour d'autres, il a parfois été présenté de manière trop ambitieuse, au-delà des preuves scientifiques disponibles.

Une chose est cependant incontestable : le DMSO possède des propriétés physicochimiques uniques, qui expliquent l'intérêt que lui portent les chercheurs dans des domaines aussi variés que la neurologie, la rhumatologie, la dermatologie, l'ophtalmologie, l'oncologie, la médecine régénérative ou encore la cryobiologie.

Son aptitude exceptionnelle à traverser les membranes biologiques lui permet de diffuser rapidement dans la majorité des tissus de l'organisme. Cette caractéristique lui confère à la fois un intérêt thérapeutique potentiel et une nécessité de prudence : le DMSO ne transporte pas uniquement ses propres propriétés, il peut également favoriser le passage d'autres substances présentes sur la peau.

Aujourd'hui encore, malgré plusieurs milliers de publications scientifiques, le DMSO demeure une molécule relativement méconnue du grand public et peu utilisée dans la pratique médicale courante en dehors de quelques indications bien définies.


Une découverte issue de l'industrie du bois

 

Le DMSO est obtenu à partir de la lignine, principal constituant du bois après la cellulose. Lors de la fabrication de la pâte à papier, certains composés soufrés sont récupérés puis transformés par oxydation pour produire du diméthylsulfoxyde.

Bien qu'il ait été synthétisé pour la première fois en 1866 par le chimiste russe Alexander Zaytsev, il restera longtemps considéré comme un simple solvant industriel.

Sa structure chimique est relativement simple :

(CH₃)₂SO

Pourtant, cette simplicité cache des propriétés biologiques exceptionnelles.

 

Les travaux du Dr Stanley Jacob : un tournant décisif


L'histoire médicale du DMSO débute réellement dans les années 1960 grâce au Dr Stanley W. Jacob, chirurgien à l'Université de l'Oregon.

Alors qu'il étudie les propriétés de différents solvants biologiques, il découvre que le DMSO traverse extrêmement rapidement la peau sans provoquer de destruction tissulaire importante. Cette propriété attire immédiatement son attention.

Très rapidement, son équipe met en évidence plusieurs caractéristiques étonnantes :

  • diffusion rapide dans l'ensemble de l'organisme ;

  • pénétration à travers les membranes cellulaires ;

  • faible toxicité aiguë comparativement à d'autres solvants ;

  • activité anti-inflammatoire ;

  • diminution de certains phénomènes douloureux ;

  • propriétés cryoprotectrices permettant de préserver les cellules lors de la congélation.

Ces découvertes déclenchent un immense enthousiasme scientifique. Durant les années 1960 et 1970, plusieurs milliers de travaux sont publiés sur le DMSO, explorant des applications extrêmement variées.

Le Dr Jacob consacrera une grande partie de sa carrière à cette molécule, persuadé qu'elle pouvait constituer un outil thérapeutique majeur dans certaines situations cliniques.

 

Pourquoi le DMSO est-il si particulier ?


Contrairement à la plupart des médicaments qui ciblent un récepteur ou une enzyme spécifique, le DMSO agit davantage comme un modulateur du fonctionnement cellulaire.

Ses principales propriétés comprennent :

Une pénétration exceptionnelle

Le DMSO traverse facilement :

  • la peau ;

  • les muscles ;

  • les fascias ;

  • les membranes cellulaires ;

  • certaines barrières biologiques.

 

Cette propriété explique son utilisation comme vecteur transdermique, mais impose aussi des précautions importantes : toute substance présente sur la peau (cosmétique, parfum, pesticide, médicament topique…) peut potentiellement voir sa pénétration augmentée.

Un puissant capteur de radicaux libres

Le stress oxydatif est impliqué dans de nombreuses maladies chroniques : vieillissement, inflammation, maladies neurodégénératives, lésions tissulaires ou ischémiques.

Le DMSO est capable de neutraliser certains radicaux libres, en particulier le radical hydroxyle (•OH), l'un des plus réactifs et délétères pour les cellules. Cette propriété est largement documentée expérimentalement.

Une action anti-inflammatoire

Plusieurs travaux montrent que le DMSO peut moduler différents médiateurs de l'inflammation, réduire l'œdème et limiter certaines réactions inflammatoires locales.

Ces effets expliquent l'intérêt porté au DMSO dans les douleurs musculo-squelettiques, les traumatismes ou certaines affections inflammatoires.

Une influence sur la douleur

Le DMSO semble également modifier la conduction de certaines fibres nerveuses impliquées dans la transmission de la douleur et diminuer l'inflammation autour des terminaisons nerveuses.

Ces effets sont probablement multifactoriels et contribuent à son utilisation dans certaines douleurs locales ou neuropathiques.

Une amélioration de la microcirculation

Plusieurs études suggèrent que le DMSO améliore la perfusion tissulaire, favorisant ainsi l'apport d'oxygène et de nutriments dans les tissus lésés.

Cette propriété pourrait participer aux phénomènes de cicatrisation et de récupération tissulaire observés dans certains modèles expérimentaux.

 

Une molécule aux multiples usages scientifiques


Si le grand public connaît essentiellement le DMSO pour ses applications sur la douleur, la recherche l'utilise dans de nombreux autres domaines.

L'une de ses utilisations les plus importantes est la cryoconservation.

Lorsqu'une cellule est congelée, la formation de cristaux de glace peut détruire sa membrane. Le DMSO limite ce phénomène en pénétrant à l'intérieur de la cellule et en modifiant les échanges d'eau.

C'est pourquoi il est aujourd'hui largement utilisé pour la conservation :

  • des cellules souches ;

  • des cellules immunitaires ;

  • des greffes de moelle osseuse ;

  • des embryons ;

  • des spermatozoïdes ;

  • des ovocytes.

Dans ce domaine, son efficacité est largement reconnue et constitue l'une des applications les plus importantes du DMSO en médecine moderne.

 

Une molécule longtemps controversée

 

L'immense intérêt suscité par le DMSO dans les années 1960 a été rapidement freiné par des inquiétudes concernant sa sécurité.

Des études animales avaient mis en évidence des modifications du cristallin chez certaines espèces, conduisant à suspendre temporairement plusieurs essais cliniques.

Les recherches ultérieures ont montré que ces effets n'étaient pas retrouvés de la même manière chez l'être humain, mais le développement clinique du DMSO avait déjà considérablement ralenti.

Par ailleurs, l'engouement de certains praticiens et les nombreuses indications proposées sans preuves suffisantes ont contribué à entretenir une image de « remède universel », parfois au détriment de la rigueur scientifique.

Aujourd'hui, les connaissances ont évolué : le DMSO n'est ni une molécule miraculeuse, ni un simple solvant. C'est un composé aux propriétés biologiques réelles, dont certaines applications sont solidement établies tandis que d'autres restent encore à confirmer par des essais cliniques de grande qualité.

 

Ce qu'il faut retenir

  • Le DMSO est une molécule soufrée synthétisée à partir de la lignine du bois.

  • Découvert au XIXᵉ siècle, il a connu un essor scientifique majeur à partir des travaux du Dr Stanley Jacob dans les années 1960.

  • Ses principales propriétés sont la pénétration transdermique, l'action antioxydante, anti-inflammatoire, antalgique et la modulation de la microcirculation.

  • Il est aujourd'hui utilisé de façon reconnue en cryobiologie et dans certaines indications médicales spécifiques, tandis que de nombreuses autres applications restent en cours d'évaluation.

  • Son utilisation nécessite des précautions particulières en raison de sa capacité à augmenter la pénétration cutanée de nombreuses substances.

 


2. Comment agit le DMSO ? Les mécanismes d'action expliqués


Pour comprendre pourquoi le DMSO est étudié dans des domaines aussi variés que les douleurs articulaires, les neuropathies, les maladies digestives ou encore certaines affections oculaires, il faut d'abord comprendre son mode d'action.

Contrairement à la plupart des médicaments, le DMSO ne cible pas un seul récepteur ou une seule enzyme. Il agit simultanément sur plusieurs mécanismes fondamentaux impliqués dans l'inflammation, le stress oxydatif, la circulation et la survie cellulaire.

C'est cette action globale qui explique qu'une même molécule puisse être étudiée dans des pathologies très différentes.


Un transporteur exceptionnel


La propriété la plus connue du DMSO est sa capacité à traverser presque toutes les membranes biologiques.

Quelques secondes après son application sur la peau, il diffuse à travers :

  • l'épiderme ;

  • le derme ;

  • le tissu graisseux ;

  • les muscles ;

  • les fascias ;

  • les vaisseaux sanguins.

En quelques minutes, il est détectable dans la circulation générale.

Cette diffusion extrêmement rapide est liée à sa petite taille moléculaire et à sa structure particulière, qui lui permettent de se mélanger aussi bien avec les lipides qu'avec l'eau.

En d'autres termes, le DMSO est capable de franchir les barrières que beaucoup de molécules ne peuvent traverser.


DMSO mitochondrie
DMSO mitochondrie

Pourquoi cela est-il intéressant ?


Cette propriété explique son intérêt comme vecteur transdermique.

Il peut faciliter la pénétration locale de certaines substances comme :

  • le magnésium ;

  • certains anti-inflammatoires ;

  • l'acide hyaluronique ;

  • quelques vitamines hydrosolubles.

Mais cette propriété représente également son principal danger.

En effet, le DMSO peut également favoriser le passage :

  • de pesticides ;

  • de solvants ;

  • de parfums ;

  • de crèmes cosmétiques ;

  • de certains médicaments appliqués sur la peau.

C'est pourquoi il est indispensable d'appliquer le DMSO uniquement sur une peau parfaitement propre.



Une action majeure contre le stress oxydatif


Le stress oxydatif correspond à une production excessive de radicaux libres.

Ces molécules très instables attaquent :

  • les membranes cellulaires ;

  • les protéines ;

  • l'ADN ;

  • les mitochondries.

Ils jouent un rôle important dans :

  • le vieillissement ;

  • les maladies neurodégénératives ;

  • l'arthrose ;

  • le diabète ;

  • les maladies cardiovasculaires ;

  • les inflammations chroniques.


Le radical hydroxyle : le plus destructeur


Parmi tous les radicaux libres, le plus dangereux est le radical hydroxyle (•OH).

Il est capable de détruire une membrane cellulaire en quelques microsecondes.

Le DMSO possède la particularité de neutraliser efficacement ce radical.

On parle alors de piégeur de radicaux libres (free radical scavenger).

Cette propriété est probablement l'un des principaux mécanismes expliquant ses effets protecteurs dans de nombreuses études expérimentales.


Protection des membranes cellulaires


Les membranes cellulaires sont constituées principalement de phospholipides.

Lors d'une inflammation importante, d'un traumatisme ou d'un manque d'oxygène, ces membranes deviennent plus fragiles.

Le DMSO semble :

  • stabiliser leur structure ;

  • limiter leur destruction ;

  • maintenir une meilleure fluidité membranaire.

Cette propriété est particulièrement étudiée dans :

  • les traumatismes ;

  • les brûlures ;

  • les lésions nerveuses ;

  • les accidents ischémiques.


Une diminution de l'inflammation


L'inflammation est indispensable à la réparation des tissus.

Mais lorsqu'elle devient excessive ou chronique, elle entretient :

  • la douleur ;

  • l'œdème ;

  • les lésions cellulaires.

Le DMSO agit sur plusieurs niveaux.

Les études montrent notamment une diminution de :

  • certaines prostaglandines ;

  • plusieurs cytokines pro-inflammatoires ;

  • l'infiltration de cellules inflammatoires dans les tissus.

Il réduit également l'œdème local.

Cette diminution de la pression tissulaire explique probablement une partie de son intérêt dans :

  • le canal carpien ;

  • certaines neuropathies ;

  • les tendinites ;

  • les traumatismes.

 

Une amélioration de la microcirculation


Lorsqu'un tissu est enflammé, la circulation sanguine devient moins efficace.

Certaines zones sont mal oxygénées.

Les cellules produisent alors davantage de radicaux libres.

Le DMSO semble améliorer :

  • la fluidité sanguine ;

  • la microcirculation capillaire ;

  • l'apport d'oxygène aux tissus.

Ce phénomène pourrait participer à la récupération plus rapide observée dans certaines études sur les traumatismes musculaires et nerveux.

 

Une action sur la douleur


Le DMSO ne fonctionne pas comme un antidouleur classique.

Son effet est multiple.

Il agit notamment en :

  • diminuant l'inflammation ;

  • réduisant l'œdème autour des nerfs ;

  • modifiant la conduction de certaines fibres nerveuses ;

  • diminuant les phénomènes douloureux secondaires au stress oxydatif.

C'est probablement cette combinaison qui explique son efficacité rapportée dans :

  • les douleurs neuropathiques ;

  • l'algodystrophie ;

  • certaines tendinites ;

  • les douleurs musculaires.


Une protection des mitochondries


Les mitochondries sont les centrales énergétiques de nos cellules.

Lors d'une inflammation chronique ou d'un manque d'oxygène, elles deviennent très sensibles aux radicaux libres.

Le DMSO semble limiter ces lésions mitochondriales.

Cette propriété intéresse particulièrement les chercheurs travaillant sur :

  • les maladies neurodégénératives ;

  • les accidents vasculaires cérébraux ;

  • les lésions de reperfusion ;

  • certaines maladies inflammatoires chroniques.


    DMSO
    DMSO

 

Pourquoi le DMSO est étudié dans autant de maladies ?


À première vue, il peut sembler étrange qu'une même molécule soit étudiée dans :

  • la maladie de Crohn ;

  • le canal carpien ;

  • la cystite interstitielle ;

  • les brûlures ;

  • les tendinites ;

  • les neuropathies ;

  • la DMLA ;

  • les traumatismes médullaires.

 

En réalité, toutes ces maladies ont plusieurs mécanismes communs :

✔ inflammation excessive ;

✔ stress oxydatif ;

✔ altération des membranes cellulaires ;

✔ mauvaise microcirculation ;

✔ souffrance mitochondriale.

Le DMSO n'agit donc pas sur la maladie elle-même, mais sur plusieurs mécanismes biologiques qui participent à son développement.

C'est cette approche qui explique la diversité des indications explorées.

 

Ce qu'il faut retenir


Le DMSO exerce plusieurs actions complémentaires :

  • transport transdermique : facilite la diffusion de certaines molécules à travers la peau ;

  • antioxydant : neutralise notamment le radical hydroxyle, l'un des plus agressifs pour les cellules ;

  • anti-inflammatoire : module plusieurs médiateurs de l'inflammation et réduit l'œdème ;

  • protecteur membranaire : aide à préserver l'intégrité des membranes cellulaires ;

  • amélioration de la microcirculation : favorise l'apport d'oxygène et de nutriments aux tissus ;

  • antalgique : agit indirectement sur plusieurs mécanismes impliqués dans la douleur ;

  • protecteur mitochondrial : limite certaines lésions liées au stress oxydatif.

Ces propriétés expliquent pourquoi le DMSO est étudié dans de nombreuses pathologies, même si le niveau de preuve clinique reste très variable selon les indications.


 

 

Protocoles d’utilisation externe (approches courantes)

 

⚠️ Ces protocoles correspondent à des usages complémentaires et non aux indications officielles.

Dilution classique

Le DMSO pur est très concentré.

On utilise souvent :

DMSO 50 %

  • 1 volume de DMSO

  • 1 volume d’eau distillée

DMSO 70 %

  • 7 volumes de DMSO

  • 3 volumes d’eau distillée

Application :

  • petite quantité sur peau propre ;

  • 1 fois par jour au début ;

  • augmenter éventuellement selon tolérance.

 

Synergies possibles


DMSO + huile de ricin

Association intéressante en approche naturopathique :

  • DMSO : pénétration, action anti-inflammatoire ;

  • huile de ricin : action émolliente, antiinflammatoire, massage profond, décongestion des tissus, augmente la production de collagène et d'élastine.

Utilisation proposée :

  • appliquer le DMSO dilué ;

  • attendre 10–15 minutes ;

  • appliquer ensuite l’huile de ricin.

 

DMSO + plantes anti-inflammatoires locales

Associations parfois utilisées :

  • arnica ;

  • boswellia ;

  • curcuma ;

  • calendula.

⚠️ Le DMSO augmentant la pénétration cutanée, il faut éviter les mélanges improvisés.

 

DMSO + huiles essentielles

Possible mais prudence majeure.

Le DMSO peut augmenter considérablement le passage cutané des huiles essentielles.

Exemples parfois utilisés :

  • hélichryse italienne ;

  • lavande vraie ;

  • gaulthérie.

Mais :

  • utiliser des dilutions très faibles ;

  • éviter chez les personnes sensibles ;

  • éviter la gaulthérie en cas de traitement anticoagulant ou allergie aux salicylés.

 

Plus rarement :

  • maux de tête ;

  • vertiges ;

  • réactions cutanées.

 


Indications explorées avec le DMSO en ophtalmologie

 

Inflammation oculaire

Le DMSO a été étudié pour ses propriétés anti-inflammatoires oculaires.

Une étude ancienne a évalué le DMSO dans un modèle d’inflammation oculaire et a montré qu’une faible concentration (30 %) présentait une activité anti-inflammatoire, alors que les concentrations élevées étaient irritantes.

Applications théoriques :

  • inflammation des paupières ;

  • irritation chronique ;

  • inflammation de surface.

 

Blépharite (inflammation chronique des paupières)

La blépharite est souvent liée à :

  • inflammation du bord palpébral ;

  • dysfonction des glandes de Meibomius ;

  • parfois prolifération de Demodex.

Un cas clinique a étudié une préparation associant povidone iodée très diluée + DMSO appliquée sur le bord palpébral fermé, avec amélioration d’une blépharite à Demodex.

Le DMSO pourrait avoir ici un intérêt par :

  • amélioration de la pénétration ;

  • diminution de l’inflammation locale.

 

Sécheresse oculaire / dysfonction des glandes de Meibomius

C’est une piste souvent évoquée.

La sécheresse oculaire peut être liée à :

  • inflammation des glandes lacrymales ;

  • obstruction des glandes de Meibomius ;

  • modification du film lipidique des larmes.

Le DMSO appliqué sur les paupières est parfois utilisé en approche complémentaire pour :

  • assouplir les tissus ;

  • diminuer l’inflammation ;

  • favoriser la fonction glandulaire.

Cependant, les preuves cliniques restent insuffisantes.

 

Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)

Le DMSO est étudié pour son potentiel :

  • antioxydant ;

  • protecteur mitochondrial ;

  • modulateur inflammatoire.

Une revue de 2021 évoque des pistes concernant plusieurs maladies oculaires, dont les pathologies rétiniennes, mais souligne aussi que beaucoup d’applications nécessitent encore des recherches.

Il n’existe pas aujourd’hui de preuve suffisante pour recommander le DMSO seul contre la DMLA.

 

Cataracte

On trouve des usages alternatifs du DMSO associés à d’autres molécules (par exemple NAC ou lanostérol), mais les données restent très préliminaires.

Le mécanisme théorique :

  • réduction du stress oxydatif ;

  • protection des protéines du cristallin.

Mais aucune validation clinique solide ne permet d’affirmer qu’il peut inverser une cataracte.

 

Glaucome

Certains promoteurs du DMSO évoquent :

  • amélioration de la circulation locale ;

  • effet antioxydant ;

  • protection neuronale.

Mais il ne faut pas oublier que le glaucome est une maladie où la pression intraoculaire et l’atteinte du nerf optique nécessitent une surveillance médicale stricte.

 

Protocoles dans les usages complémentaires (à considérer avec prudence)


⚠️ pas l’instillation de DMSO préparé soi-même dans l’œil. L’œil est un organe extrêmement fragile et nécessite des produits stériles adaptés.

Pour une utilisation uniquement externe sur la paupière fermée :

DMSO dilué

  • DMSO 10 à 30 % maximum pour une première approche externe ;

  • application avec un coton-tige sur la paupière fermée ;

  • éviter absolument le contact direct avec la cornée.

Commencer :

  • 1 fois par jour ;

  • petite quantité ;

  • test sur une petite zone.

 

Synergies possibles (usage externe paupières)

 

DMSO + huile de ricin

C’est une association souvent citée :

Huile de ricin :

  • nourrit la peau fine de la paupière ;

  • effet émollient ;

  • traditionnellement utilisée pour les cils et la sécheresse.

DMSO :

  • facilite la pénétration ;

  • apporte un effet anti-inflammatoire.

Utilisation prudente :

  • appliquer d’abord le DMSO dilué ;

  • attendre ;

  • puis une très petite quantité d’huile de ricin autour de l’orbite (jamais dans l’œil).

 

DMSO + antioxydants

Les pistes étudiées concernent :

  • NAC (N-acétylcystéine) ;

  • vitamine C ;

  • polyphénols.

Le DMSO pourrait agir comme vecteur, mais ces associations doivent être formulées correctement.

 

Précautions majeures

❌ Ne pas mettre du DMSO pur dans l’œil.

❌ Ne pas utiliser du DMSO industriel.

❌ Ne pas appliquer avec :

  • maquillage ;

  • crème cosmétique ;

  • parfum ;

  • huiles essentielles non adaptées.

Le DMSO peut transporter avec lui des molécules indésirables.

 


Posologies documentées dans les études digestives

 

Rectocolite hémorragique modérée

Une étude randomisée en double aveugle de 1992 a évalué le DMSO chez des patients hospitalisés pour une poussée récidivante de rectocolite hémorragique limitée au rectum et au sigmoïde.

Le protocole était :

  • DMSO : 500 mg, quatre fois par jour, soit 2 g par jour ;

  • sous forme d’une solution aqueuse à 10 % ;

  • administrée par voie orale ;

  • en complément de la sulfasalazine, de la prednisolone orale et de lavements corticoïdes.

Les patients recevaient 5 mL de solution à chaque prise, mais ces 5 mL ne contenaient que 500 mg de DMSO. Il ne s’agissait donc absolument pas de 5 mL de DMSO pur quatre fois par jour. Le traitement de la poussée était conduit sous surveillance hospitalière, puis le DMSO était poursuivi avec la sulfasalazine en prévention des rechutes pendant un an.

Cette étude ancienne rapporte davantage de rémissions à deux semaines et moins de rechutes dans le groupe DMSO, mais elle n’a pas été suffisamment reproduite pour faire du DMSO un traitement actuel reconnu de la rectocolite.

 

Ulcère gastroduodénal chez les fumeurs

Une autre étude de 1992 a étudié le DMSO comme complément du traitement des ulcères chez des patients fumeurs. Elle suggérait une amélioration des résultats, mais les données accessibles ne permettent pas de confirmer de manière suffisamment fiable une posologie pratique complète. Cette utilisation ne figure pas dans les recommandations modernes de traitement de l’ulcère.

En pratique, un ulcère nécessite en priorité :

  • recherche et éradication d’Helicobacter pylori ;

  • arrêt ou adaptation des anti-inflammatoires ;

  • inhibiteur de la pompe à protons selon prescription ;

  • exclusion d’un saignement ou d’une complication.

 

Amylose AA systémique

Une étude rétrospective japonaise portant sur seulement 15 patients a utilisé du DMSO oral pour une amylose AA secondaire à des maladies inflammatoires, notamment la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn.

Les doses rapportées étaient très variables :

  • 3 à 20 g de DMSO par jour ;

  • adaptées individuellement ;

  • sous surveillance médicale spécialisée.

Des améliorations rénales ou digestives ont été rapportées chez certains patients, mais il ne s’agissait pas d’un essai randomisé. Ces quantités ne doivent donc pas être transposées à l’automédication.

 

Pour quelles autres pathologies digestives l’article le propose-t-il ?

L’article de A Midwestern Doctor évoque également :

  • maladie de Crohn ;

  • syndrome de l’intestin irritable ;

  • diverticulite ;

  • SIBO ;

  • hyperperméabilité intestinale ;

  • gastrite ;

  • pancréatite ;

  • cholécystite ;

  • cirrhose ;

  • hémorroïdes ;

  • fissures anales ;

  • péritonite et ischémie intestinale.

 

Pancréatite, péritonite et ischémie intestinale

Les résultats cités concernent principalement :

  • des animaux ;

  • des injections intrapéritonéales ;

  • des administrations intraveineuses expérimentales.

Ils ne constituent en aucun cas des protocoles utilisables à domicile.

 

Ce qui est officiellement autorisé

Aux États-Unis, le produit pharmaceutique RIMSO-50, contenant 50 % de DMSO, est autorisé uniquement pour le soulagement symptomatique de la cystite interstitielle, par instillation dans la vessie effectuée par un professionnel. La notice précise qu’il n’est pas reconnu comme sûr et efficace pour d’autres indications.

 


DMSO par voie interne : une utilisation controversée

 

Contrairement à son utilisation locale ou à certaines indications médicales précises, la prise orale de DMSO reste aujourd’hui controversée. Si cette molécule possède des propriétés biologiques intéressantes (action antioxydante, modulation de l’inflammation, protection cellulaire), les données disponibles ne permettent pas d’établir une posologie orale thérapeutique validée pour les maladies chroniques.

Historiquement, le DMSO a été exploré par différentes voies d’administration dans les années 1960-1970, notamment pour ses effets anti-inflammatoires et protecteurs des tissus.

Cependant, son usage médical s’est principalement orienté vers des applications locales ou spécifiques, comme l’instillation intravésicale dans la cystite interstitielle.

 

Les usages internes proposés sur certains sites alternatifs concernent notamment :

  • douleurs chroniques ;

  • maladies inflammatoires ;

  • troubles neurologiques ;

  • vieillissement cellulaire ;

  • maladies dégénératives.

Ces applications reposent principalement sur des mécanismes biologiques plausibles et des données expérimentales, mais ne disposent pas actuellement d’un niveau de preuve clinique suffisant pour recommander une supplémentation orale standardisée.

La prudence est d’autant plus importante que le DMSO est une molécule très biodisponible : après absorption, elle diffuse largement dans l’organisme et est transformée notamment en diméthylsulfone (MSM) et en diméthylsulfure, responsables de l’odeur caractéristique d’ail ou de chou.


Les effets indésirables possibles comprennent :

  • troubles digestifs ;

  • nausées ;

  • diarrhées ;

  • céphalées ;

  • réactions cutanées ;

  • modification de la perception des odeurs corporelles.

Ainsi, contrairement au MSM (méthylsulfonylméthane), qui est utilisé comme complément alimentaire soufré avec des doses étudiées, le DMSO ne doit pas être considéré comme un simple complément alimentaire.

Dans une approche intégrative, l’intérêt actuel du DMSO réside donc principalement dans son utilisation locale raisonnée, en complément d’une prise en charge globale : correction des carences, soutien mitochondrial, équilibre inflammatoire, alimentation, activité physique adaptée et travail tissulaire.

 

 

Précautions et contre-indications

 

Qualité du produit

Utiliser uniquement :

  • DMSO de qualité pharmaceutique ;

  • sans contaminants.

Le DMSO industriel n’est pas adapté à un usage corporel.

 

Ne jamais appliquer sur :

  • peau lésée ;

  • plaie ouverte ;

  • infection cutanée ;

  • muqueuses sans indication médicale.

 

Attention aux interactions

Le DMSO pouvant augmenter le passage transcutané, prudence avec :

  • médicaments locaux ;

  • corticoïdes locaux ;

  • anti-inflammatoires locaux ;

  • produits chimiques présents sur la peau.

 

Effets indésirables possibles

Les plus fréquents :

  • odeur d’ail ou de chou dans l’haleine ;

  • rougeur ;

  • sensation de chaleur ;

  • démangeaisons ;

  • irritation.

 

Conclusion


Le DMSO est une molécule fascinante, dont les propriétés biologiques continuent de susciter l'intérêt de la recherche scientifique. Si certaines de ses applications sont aujourd'hui reconnues en médecine, de nombreuses autres restent encore en cours d'évaluation. Son potentiel ne doit donc être ni surestimé, ni ignoré : il mérite d'être abordé avec curiosité, esprit critique et discernement.

L'objectif de cet article est de faire connaître l'existence de cette molécule, de présenter les données scientifiques disponibles et de partager les approches complémentaires qui sont décrites dans la littérature ou utilisées par certains praticiens de santé intégrative à travers le monde. Il ne s'agit en aucun cas de promouvoir l'automédication ni de présenter le DMSO comme un traitement universel.

Les informations présentées ont une vocation exclusivement informative et éducative. Elles ne remplacent ni une consultation médicale, ni un diagnostic, ni un traitement prescrit par un professionnel de santé. Chaque situation étant unique, toute décision concernant votre santé doit être prise avec votre médecin ou un professionnel de santé qualifié, en particulier en cas de maladie chronique, de grossesse, de traitement médicamenteux ou de pathologie nécessitant une prise en charge spécifique.

La santé intégrative ne s'oppose pas à la médecine conventionnelle : elle cherche à mieux comprendre l'organisme dans sa globalité et à explorer, lorsque cela est pertinent, des approches complémentaires fondées sur les connaissances scientifiques disponibles, tout en respectant les limites de chacune. 

 

Références scientifiques principales

 

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  4. Dimethyl sulfoxide: A review of pharmacology and clinical effect on interstitial cystitis/bladder pain syndrome. Continence. 2023.

  5. de la Torre JC, Surgeon General's reports on DMSO and ischemic injury.

  6. Continence. 2023. Dimethyl sulfoxide: A review of pharmacology and clinical effect on interstitial cystitis/bladder pain syndrome.

  7. Gkiatas I, Gelalis ID. Dimethylsulfoxide (DMSO) in Peripheral Nerve Regeneration. Journal of Investigative Surgery. 2021.

  8. Sanli E, Dincel GC, Umay E. Effect of Local and Systemic Dimethylsulfoxide on Peripheral Nerve Repair: A Controlled Randomized Experimental Study. Journal of Investigative Surgery. 2021.

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  13. Hoang C et al. Application of Dimethyl Sulfoxide as a Therapeutic Agent and Drug Vehicle for Eye Diseases. Journal of Ocular Pharmacology and Therapeutics. 2021.

  14. Case report : Demodex Blepharitis Treated with a Novel Dilute Povidone-Iodine and DMSO System. 


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  • Walker M. DMSO: Nature's Healer. Avery Publishing Group; 1993.

  • Walker M, Douglass WC. DMSO: The New Healing Power. Devin-Adair Publishers; 1983.

 

 

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