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L'argent colloïdal, un super héro des antibios!


Utilisé depuis plus de deux mille ans, l'argent est l'une des premières substances naturelles auxquelles l'Homme a reconnu des propriétés de conservation et d'assainissement. Bien avant l'apparition des antibiotiques, il était employé pour préserver l'eau potable, favoriser la cicatrisation des plaies et limiter la propagation des infections. Tombé dans l'oubli avec l'arrivée des antibiotiques de synthèse au milieu du XXᵉ siècle, il fait aujourd'hui l'objet d'un intérêt renouvelé, notamment dans un contexte de progression de l'antibiorésistance.

L'argent colloïdal est une solution d'eau purifiée contenant de très fines particules d'argent métallique en suspension, ainsi que des ions argent (Ag⁺), considérés comme les principaux responsables de son activité antimicrobienne. De nombreuses études expérimentales lui attribuent des propriétés antibactériennes, antifongiques et une activité contre certains virus étudiés en laboratoire. Son utilisation est aujourd'hui bien établie dans plusieurs domaines de la médecine moderne, notamment sous forme de pansements, de dispositifs médicaux ou de revêtements antibactériens.


Une utilisation qui remonte à l'Antiquité

L'argent est un oligo-élément utilisé depuis l'Antiquité pour ses propriétés germicides. Les Grecs, les Romains, les Égyptiens ou encore les Perses conservaient déjà l'eau, le vin ou le lait dans des récipients en argent afin d'en ralentir l'altération. On plaçait également des pièces d'argent dans les gourdes ou les pichets pour limiter la prolifération des micro-organismes et prolonger la conservation des liquides.

Les médecins utilisaient aussi des feuilles ou des plaques d'argent directement sur les plaies afin de limiter les infections et favoriser leur cicatrisation.

Cette tradition s'est prolongée pendant des siècles. Les couverts, timbales, ronds de serviette ou hochets en argent offerts aux nouveau-nés ne relevaient pas uniquement d'une tradition bourgeoise ou décorative. Ils répondaient aussi à une logique sanitaire : les propriétés antimicrobiennes naturelles de l'argent étaient censées protéger les jeunes enfants des infections à une époque où les maladies infectieuses représentaient l'une des principales causes de mortalité infantile.


Comment agit l'argent colloïdal ?

L'argent colloïdal agit principalement grâce aux ions argent qu'il libère progressivement.

Ces ions se fixent sur la membrane des bactéries, des levures et de certains autres micro-organismes. Ils augmentent la perméabilité de leur membrane, perturbent leur fonctionnement puis pénètrent à l'intérieur des cellules.

Ils inhibent alors plusieurs enzymes essentielles à la production d'énergie, favorisent la formation de radicaux libres et peuvent interférer avec l'ADN ou l'ARN des micro-organismes, empêchant leur multiplication.

Cette action simultanée sur plusieurs mécanismes explique pourquoi les bactéries développent beaucoup plus difficilement des résistances à l'argent que face aux antibiotiques classiques.

Les études réalisées in vitro montrent également une activité contre certains champignons et plusieurs virus, même si ces résultats ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une efficacité clinique chez l'être humain.


De la pharmacopée traditionnelle à la recherche moderne

Jusqu'à la fin des années 1930, l'argent figurait parmi les antiseptiques les plus utilisés en médecine.

L'arrivée de la pénicilline puis des antibiotiques de synthèse dans les années 1940 a profondément modifié la prise en charge des infections. Plus faciles à utiliser et extrêmement efficaces, ils ont progressivement remplacé l'argent colloïdal, qui est alors tombé dans l'oubli.

Depuis les années 1970, l'intérêt pour l'argent connaît cependant un véritable renouveau. L'émergence de bactéries multirésistantes, les infections nosocomiales et les difficultés croissantes liées à l'antibiorésistance ont conduit de nombreuses équipes de recherche à réévaluer son potentiel thérapeutique.

Aujourd'hui, plusieurs centaines de publications scientifiques explorent les propriétés des nanoparticules d'argent et leurs applications médicales.


Un intérêt particulier contre les biofilms

L'une des propriétés les plus intéressantes de l'argent concerne son action sur les biofilms.

Les biofilms sont des communautés de bactéries entourées d'une matrice protectrice qui les rend particulièrement difficiles à éliminer et beaucoup plus résistantes aux antibiotiques.

L'argent semble capable de perturber la formation de ces biofilms et de fragiliser leur structure, ce qui explique son utilisation dans de nombreux dispositifs médicaux modernes.


Des applications médicales bien établies

Aujourd'hui, l'argent est largement utilisé dans la médecine conventionnelle.

On le retrouve notamment dans :

  • les pansements destinés aux brûlures et aux plaies chroniques ;

  • les pansements pour les ulcères et certaines plaies infectées ;

  • les cathéters et sondes urinaires recouverts d'argent afin de limiter les infections ;

  • certains implants et prothèses bénéficiant d'un revêtement antibactérien ;

  • des systèmes de purification d'eau ;

  • certains systèmes de traitement de l'air ou de ventilation destinés à limiter le développement microbien.

Ces applications concernent essentiellement un usage local, pour lequel l'efficacité de l'argent est aujourd'hui bien documentée.


L'argent colloïdal par voie orale

L'utilisation interne de l'argent colloïdal reste davantage débattue.

De nombreuses études de laboratoire mettent en évidence des propriétés antibactériennes, antifongiques et antivirales. En revanche, les essais cliniques réalisés chez l'Homme demeurent insuffisants pour démontrer de manière formelle son efficacité dans le traitement des infections.

Pour cette raison, plusieurs autorités sanitaires ne recommandent pas son utilisation comme traitement des maladies infectieuses. Les recherches se poursuivent néanmoins, notamment concernant son utilisation en complément des antibiotiques afin d'en améliorer l'efficacité contre certaines bactéries résistantes.


Un effet synergique avec certains antibiotiques

Plusieurs travaux montrent que les ions argent peuvent augmenter l'efficacité de certains antibiotiques.

En fragilisant la membrane bactérienne, ils facilitent la pénétration des molécules antibiotiques à l'intérieur des bactéries. Cette synergie pourrait permettre de diminuer les doses d'antibiotiques nécessaires et contribuer à limiter le développement de résistances.

Ces résultats restent principalement issus de recherches expérimentales, mais ils ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes.


Une excellente tolérance

Aux concentrations habituellement utilisées, l'argent colloïdal présente une bonne tolérance.

L'argent est naturellement présent dans l'environnement et dans certains aliments à l'état de traces. Notre organisme en contient lui aussi de très faibles quantités.

Contrairement à certains métaux toxiques, l'argent métallique présente une toxicité relativement faible aux doses habituellement rencontrées.

Le principal effet indésirable connu est l'argyrie, une coloration gris-bleutée permanente de la peau liée à une accumulation importante d'argent dans les tissus. Cette affection est essentiellement décrite après des expositions chroniques à de fortes quantités d'argent, le plus souvent sous forme de sels d'argent ou de préparations artisanales fortement concentrées.

Les faibles concentrations utilisées dans les préparations d'argent colloïdal commercialisées rendent ce risque extrêmement faible lorsqu'elles sont employées conformément aux recommandations.

Selon certains auteurs, il faudrait consommer environ 1,7 litre d'argent colloïdal à 10 ppm chaque jour pendant plusieurs années pour atteindre les quantités susceptibles de favoriser l'apparition d'une argyrie.


Que disent les autorités sanitaires ?

Dans son rapport Recommandations pour la qualité de l'eau de boisson, l'Organisation mondiale de la Santé indique que les concentrations d'argent habituellement retrouvées dans l'eau destinée à la consommation ne présentent pas de risque identifié pour la santé humaine.

Dans plusieurs pays, l'argent est d'ailleurs utilisé pour participer à la désinfection de certains réseaux d'eau potable.

L'Environmental Protection Agency (EPA) américaine a fixé une dose journalière de référence de 5 µg par kilogramme de poids corporel, soit environ 350 µg par jour pour un adulte de 70 kg, valeur intégrant une exposition quotidienne pendant toute une vie. Cette quantité correspond approximativement à sept cuillères à café d'une solution d'argent colloïdal dosée à 10 ppm.


Quel impact sur le microbiote intestinal ?

Contrairement aux antibiotiques conventionnels, qui peuvent entraîner une diminution importante de la diversité du microbiote intestinal et favoriser l'apparition de diarrhées, de candidoses ou d'infections opportunistes, l'impact de l'argent colloïdal sur le microbiote reste encore mal connu.

Les études réalisées in vitro montrent que les ions argent possèdent une activité antibactérienne sur de nombreuses espèces microbiennes. On pourrait donc penser qu'ils sont susceptibles d'altérer également certaines bactéries intestinales. Toutefois, les études animales disponibles suggèrent qu'aux faibles doses habituellement utilisées, les modifications du microbiote seraient limitées, voire absentes selon les modèles étudiés.


Par exemple, plusieurs travaux chez le rongeur n'ont pas mis en évidence de diminution significative de la diversité bactérienne après administration orale de nanoparticules d'argent à faibles doses, tandis que d'autres études ont observé des modifications de certaines populations bactériennes lorsque les doses étaient élevées ou administrées pendant de longues périodes.


À ce jour, il n'existe pas d'essais cliniques robustes permettant d'affirmer que l'argent colloïdal préserve le microbiote intestinal ou, au contraire, qu'il le perturbe de manière significative. Par prudence, son utilisation prolongée par voie orale ne peut donc être considérée comme dénuée d'effet sur l'écosystème intestinal.

En revanche, il est probable que son impact soit nettement inférieur à celui d'un antibiotique à large spectre, qui exerce une action beaucoup plus massive et durable sur le microbiote intestinal.


En pratique

L'argent colloïdal constitue un antiseptique naturel dont les propriétés antimicrobiennes sont largement documentées en laboratoire et dont plusieurs applications médicales locales sont aujourd'hui bien établies. Son intérêt dans les pansements, les dispositifs médicaux et la lutte contre les bactéries multirésistantes fait l'objet de recherches particulièrement actives.

En revanche, si son utilisation par voie orale est largement rapportée dans la littérature de médecine naturelle, les preuves cliniques demeurent encore insuffisantes pour en faire un traitement validé des infections. Il ne doit donc pas se substituer à une prise en charge médicale lorsqu'une infection nécessite un traitement spécifique.

Employé de manière raisonnée, dans le respect des doses recommandées et en complément d'une prise en charge adaptée, l'argent colloïdal demeure néanmoins l'un des produits naturels les plus étudiés pour ses propriétés antimicrobiennes.



Bien choisir son argent colloïdal


Toutes les solutions d'argent colloïdal ne présentent pas la même qualité. Leur efficacité dépend notamment du procédé de fabrication, de la taille des particules, de la concentration en ions argent et de la pureté de l'eau utilisée.

Pour un produit de qualité, il est préférable de privilégier un argent colloïdal obtenu par LVDC (Low Voltage Direct Current), une technique d'électrolyse à faible intensité qui permet d'obtenir une forte proportion d'ions argent très finement dispersés dans une eau hautement purifiée. Une solution correctement fabriquée doit être limpide et ne présenter aucun dépôt métallique au fond du flacon.

Pour un usage interne, les solutions comprises entre 10 et 20 ppm (parties par million) sont généralement les plus utilisées, une concentration d'environ 15 ppm étant souvent considérée comme un bon compromis entre concentration et finesse des particules. En effet, une concentration plus élevée n'est pas nécessairement synonyme de meilleure efficacité : des particules plus grosses ont davantage tendance à s'agglomérer, ce qui diminue la quantité d'ions argent biologiquement disponibles.

Pour un usage externe, une concentration de 10 ppm est généralement suffisante. La finesse des particules favoriserait leur diffusion au niveau des tissus superficiels.


Mode d'emploi

La concentration de l'argent colloïdal est exprimée en ppm (parties par million). Contrairement à une idée largement répandue, une concentration plus élevée ne signifie pas forcément une meilleure efficacité. La taille des particules et la proportion d'ions argent jouent un rôle tout aussi important.

Selon les recommandations habituellement proposées par les fabricants et plusieurs auteurs spécialisés, dont Jeanne Perros, on distingue généralement trois modalités d'utilisation :

  • La dose de maintenance, destinée à un usage ponctuel ou préventif : environ une cuillère à café par jour chez l'adulte (la moitié chez l'enfant).

  • La dose d'attaque, utilisée lors d'un épisode aigu : de deux à sept prises quotidiennes selon les besoins et la durée d'utilisation.

  • La dose prolongée, parfois proposée dans certaines situations chroniques : une cuillère à café, trois à sept fois par jour chez l'adulte, sous réserve d'un avis d'un professionnel de santé.

Certaines personnes peuvent présenter transitoirement des troubles digestifs légers (nausées, selles plus fréquentes ou diarrhée). Ces manifestations sont parfois interprétées comme une réaction à l'élimination des micro-organismes sensibles à l'argent, mais cette hypothèse n'est pas démontrée scientifiquement.


Les principales utilisations


En usage interne

L'argent colloïdal est traditionnellement utilisé :

  • en gargarisme pour les aphtes, les maux de gorge, les gingivites ou certaines inflammations buccales ;

  • en bain de bouche pour favoriser l'hygiène de la cavité buccale ;

  • en lavage des muqueuses (selon les recommandations du fabricant) ;

  • par voie orale dans le cadre d'une utilisation traditionnelle, bien que cette indication ne soit pas validée par les autorités sanitaires ;

  • en nébulisation, uniquement avec un matériel adapté et après avis d'un professionnel de santé.


En usage externe

L'argent colloïdal est fréquemment utilisé :

  • en pulvérisation sur les petites plaies, égratignures, brûlures superficielles ou piqûres d'insectes ;

  • sur certaines imperfections cutanées comme l'acné ou certaines mycoses superficielles ;

  • en compresses sur les zones irritées ;

  • en gouttes auriculaires selon les préparations prévues à cet effet ;

  • en collyre uniquement si le produit est spécifiquement formulé pour un usage ophtalmique ;

  • comme déodorant naturel grâce à son action limitant la prolifération bactérienne responsable des mauvaises odeurs.


Précautions d'emploi

  • Utiliser l'argent colloïdal pur, sans le diluer.

  • Pour une utilisation par voie orale, le conserver quelques dizaines de secondes en bouche avant de l'avaler afin de favoriser son contact avec les muqueuses buccales.

  • Le prendre de préférence à jeun, environ 15 à 30 minutes avant un repas ou à distance des compléments alimentaires.

  • Conserver le flacon à l'abri de la lumière, de la chaleur et des champs électromagnétiques importants.

  • Éviter tout contact avec des ustensiles métalliques afin de préserver la stabilité de la solution ; privilégier les cuillères en plastique, en verre ou en bois.

  • Pour un usage interne, préférer des concentrations comprises entre 10 et 20 ppm, idéalement autour de 15 ppm.

  • Pour un usage externe, une concentration de 10 ppm est généralement suffisante.

  • Ne pas utiliser l'argent colloïdal comme substitut à un traitement antibiotique lorsqu'une infection nécessite une prise en charge médicale.

  • En l'absence de données suffisantes, son utilisation prolongée est déconseillée chez la femme enceinte, la femme allaitante et le jeune enfant sans avis médical.


L’argent colloïdal peut être pris lors de traitements antibiotiques de synthèse, il renforcera l’action de ceux-ci, veillez cependant à prendre cet argent colloïdal en dehors de repas et de la prise des antibiotiques.




Recommandations et conversions :





TRAITEMENT PRÉVENTIF

Fatigue, des symptômes, mais pas de fièvre

3 doses/jour pendant 5 jours

5 ppm

10 ppm

15 ppm

20 ppm

Ado et adulte

45 ml

22,5 ml

15 ml

11,2 ml

Enfant

de 2 à 12 ans

22,5 ml

11,5 ml

7,5 ml

5,6 ml

Bébé

de 0 à 2 ans

11,2 ml

5,6 ml

3,7 ml

2,8 ml






TRAITEMENT CURATIF

Maladie déclarée, fièvre

3 doses/jour pendant 5 jours

5 ppm

10 ppm

15 ppm

20 ppm

Ado et adulte

90 ml

45 ml

30 ml

22,5 ml

Enfant

de 2 à 12 ans

45 ml

22,5 ml

15 ml

11,2 ml

Bébé

de 0 à 2 ans

22,5 ml

11,2 ml

7,5 ml

5,6 ml

 

Autres usages

• Pour les animaux : 15 ppm en usage externe et 10 ppm en usage interne. Dose de 5 ml pour les chiens, 2 ml pour les chats et 50 ml pour les chevaux en usage interne, une fois par jour en préventif, 3 fois par jour en traitement curatif.

• Pour purifier de l’eau : 1 cuillère à café par litre d’eau.

• Pour désinfecter les surfaces : vaporiser de l’argent colloïdal sur les surfaces à désinfecter.

• Pour les plantes : vaporiser sur les feuilles et les tiges de l’argent colloïdal afin de lutter contre les maladies, champignons ou autre.

 

Conservation

Même si l’argent colloïdal est contenu dans une bouteille foncée, il est bon de le conserver à l’abri de la lumière.


A la maison, c'est l'un de nos remèdes préférés, surtout pour les enfants qui le considère comme l'"eau magique". Vous trouverez toutes les applications de ce remède dans mon ouvrage "ma boîte à pharmacie naturelle" paru chez Mosaïque Santé.






Source:

Warren Jefferson, Colloidalsilver Today : antibioticSuperhero, 2003.

Jeanne Perros, L’argent colloïdal, un remède en or. L’antibiotique naturel, ses propriétés et son utilisation, Éditions Guy Trédaniel, 2014.





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