Mieux supporter les fortes chaleurs : les solutions naturelles de l'hygiénisme et de la naturopathie
- bugnicourthouartma
- il y a 1 jour
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Les épisodes de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents. Si notre organisme possède des mécanismes remarquables pour maintenir sa température autour de 37 °C, ces derniers peuvent être mis à rude épreuve lors des canicules, notamment chez les personnes âgées, les jeunes enfants, les sportifs ou les personnes souffrant de maladies chroniques.
L'hygiénisme, courant de santé fondé sur le respect des capacités naturelles d'autorégulation du corps, ainsi que la naturopathie, proposent de nombreuses solutions simples, peu coûteuses et souvent très efficaces pour mieux supporter les fortes chaleurs. Bien avant l'apparition de la climatisation, nos anciens avaient déjà développé des techniques ingénieuses permettant de préserver leur équilibre.
Comprendre la thermorégulation
L'organisme humain est une formidable machine capable de maintenir une température interne stable malgré les variations extérieures. Cette régulation est assurée par l'hypothalamus, véritable thermostat situé au cœur du cerveau.
Lorsque la température augmente, plusieurs mécanismes physiologiques se mettent en place :
dilatation des vaisseaux sanguins cutanés afin d'évacuer davantage de chaleur ;
augmentation de la transpiration ;
évaporation de la sueur, principal moyen de refroidissement du corps ;
ralentissement spontané de l'activité physique afin de limiter la production de chaleur.
Cependant, lorsque la température extérieure devient trop élevée ou que l'humidité empêche une bonne évaporation de la transpiration, ces mécanismes peuvent être dépassés. Fatigue, maux de tête, vertiges, crampes, baisse de tension et, dans les cas les plus graves, coup de chaleur peuvent alors apparaître.
L'objectif des méthodes naturelles consiste justement à accompagner ces mécanismes physiologiques sans les contrarier.
Le foulard humide au poignet : une technique ancestrale remise au goût du jour
Parmi les astuces les plus simples figure le port d'un foulard ou d'une bande de coton humidifiée autour du poignet.
Cette méthode, largement popularisée ces dernières années par le Dr Jade Allègre, repose sur un principe physique très simple.
Au niveau du poignet, les artères radiales cheminent juste sous la peau. Lorsqu'un tissu humide est appliqué à cet endroit, la chaleur est progressivement absorbée par l'eau. En s'évaporant, celle-ci prélève de l'énergie thermique à la surface cutanée : c'est le phénomène de chaleur latente d'évaporation. Le sang circulant dans ces vaisseaux se refroidit légèrement avant de poursuivre son trajet dans tout l'organisme, procurant une agréable sensation de fraîcheur.
Le Dr Jade Allègre recommande plus particulièrement de placer ce foulard sur le poignet gauche. Cette recommandation provient essentiellement d'une approche empirique et de certaines traditions des médecines ancestrales dans lesquelles le côté gauche est considéré comme le côté de la réception, de la régulation et du retour vers l'intérieur de l'organisme. Selon cette vision, rafraîchir le poignet gauche favoriserait une meilleure adaptation aux fortes chaleurs.
Que l'on choisisse le poignet gauche selon cette tradition ou les deux poignets pour renforcer l'effet rafraîchissant, l'essentiel est de maintenir le tissu humide afin de favoriser une évaporation continue.
Rafraîchir les zones stratégiques du corps
Les poignets ne sont pas les seules régions permettant d'améliorer le confort thermique.
Les zones où les gros vaisseaux circulent près de la peau répondent particulièrement bien au refroidissement :
la nuque ;
les côtés du cou ;
les tempes ;
le front ;
les aisselles ;
l'intérieur des coudes ;
les plis de l'aine.
Un simple linge humide ou un brumisateur suivi d'un léger courant d'air est souvent plus efficace qu'un ventilateur utilisé seul.
Le bain dérivatif : une tradition de l'hygiénisme
Popularisé au XIXᵉ siècle par Louis Kuhne puis remis en lumière par France Guillain, le bain dérivatif consiste à rafraîchir doucement la région de l'aine et l'entrejambe.
Cette zone, particulièrement vascularisée, participe aux échanges thermiques de l'organisme. Sans utiliser une eau glacée, quelques minutes de refroidissement local procurent souvent une sensation de fraîcheur durable.
Même si les études scientifiques restent limitées sur cette pratique, de nombreux utilisateurs rapportent une meilleure tolérance aux fortes chaleurs.
En pratique : comment réaliser un bain dérivatif facilement ?
Il n'est pas toujours nécessaire d'utiliser de l'eau courante pour bénéficier de la sensation de fraîcheur procurée par le bain dérivatif. Plusieurs solutions simples permettent de reproduire cet effet au quotidien.
La plus connue consiste à utiliser une poche de gel réfrigérante spécialement conçue pour les bains dérivatifs, disponible dans le commerce. Placée quelques heures au réfrigérateur ou au congélateur (selon les recommandations du fabricant), elle se glisse dans les sous-vêtements au niveau de l'entrejambe, au contact de la région périnéale. Pour éviter un refroidissement trop intense, il est conseillé de l'envelopper dans un linge fin en coton.
Certaines personnes utilisent également de petits coussinets en gel réutilisables, similaires à des protège-slips ou à des serviettes hygiéniques contenant un gel rafraîchissant. Après avoir été refroidis au réfrigérateur ou au congélateur, ils sont placés dans les sous-vêtements pendant 20 à 60 minutes, selon le confort ressenti.
Une autre astuce consiste à remplir une petite bouteille d'eau souple (25 à 50 cl) et à la conserver au réfrigérateur ou au congélateur jusqu'à ce qu'elle soit bien fraîche. Enveloppée dans un tissu fin, elle peut être maintenue entre les cuisses en position assise ou allongée pendant une quinzaine de minutes. Cette solution est économique et facilement réalisable à la maison.
Quelques précautions sont toutefois indispensables :
ne jamais appliquer directement de glace sur la peau afin d'éviter les brûlures par le froid ;
privilégier une sensation de fraîcheur douce plutôt qu'un froid intense ;
interrompre la séance en cas d'inconfort, de douleur ou d'engourdissement ;
éviter cette pratique en cas de plaie, d'infection locale ou de trouble important de la sensibilité sans avis médical.
En période de canicule, ces dispositifs peuvent être utilisés une ou plusieurs fois par jour, notamment après une exposition à la chaleur ou avant le coucher. De nombreuses personnes rapportent une sensation de fraîcheur durable et un meilleur confort thermique, bien que les données scientifiques disponibles sur cette pratique restent encore limitées.
Ou encore plus simple: les fesses dans une bassine d'eau froide (20 degrés), ou une baignoire pendant quelques minutes, eau jusqu'au niveau du pli de l'aine.
Les bains de pieds froids
Les pieds jouent eux aussi un rôle important dans les échanges thermiques.
Un bain de pieds dans une eau comprise entre 18 et 22 °C pendant cinq à dix minutes suffit souvent à diminuer la sensation de chaleur.
L'eau ne doit pas être glacée, sous peine de provoquer une vasoconstriction qui limiterait paradoxalement les échanges de chaleur.
L'eau fraîche sur le visage dès le matin
En naturopathie et en hygiénisme, il est fréquent de recommander de se passer de l'eau fraîche sur le visage dès le réveil.
Ce geste stimule les récepteurs du nerf trijumeau ainsi que le système nerveux autonome. Il favorise l'éveil, améliore la vigilance et prépare progressivement l'organisme à la journée.
L'hydratation : boire intelligemment
La sensation de soif apparaît souvent lorsque l'organisme est déjà légèrement déshydraté.
Il est donc préférable de boire régulièrement de petites quantités d'eau au cours de la journée plutôt que de grandes quantités d'un seul coup.
Une eau fraîche, mais non glacée, est généralement mieux tolérée par l'estomac.
Chez les personnes transpirant abondamment, les pertes en sodium, potassium, magnésium et chlorure peuvent devenir importantes. Les eaux minérales adaptées, les légumes, les fruits frais, les bouillons de légumes ou les eaux légèrement bicarbonatées permettent de mieux compenser ces pertes.
Une alimentation qui produit moins de chaleur
La digestion constitue elle-même une source importante de production de chaleur.
Pendant les fortes chaleurs, il est préférable d'alléger naturellement son alimentation.
Les légumes riches en eau, les crudités, les salades composées, les fruits de saison, les herbes aromatiques et les repas simples sont particulièrement adaptés.
Concombres, tomates, courgettes, melons, pastèques, pêches, fruits rouges ou agrumes apportent simultanément eau, minéraux et antioxydants.
À l'inverse, les repas très copieux, riches en graisses, les fritures et l'alcool augmentent la thermogenèse digestive et rendent les fortes chaleurs plus difficiles à supporter.
Les plantes rafraîchissantes
Les plantes rafraîchissantes : un soutien naturel pendant les fortes chaleurs
Certaines plantes médicinales permettent d'accompagner l'organisme lors des épisodes de fortes chaleurs. Elles n'agissent pas en abaissant directement la température corporelle, mais favorisent une meilleure hydratation, procurent une sensation de fraîcheur, soutiennent le système nerveux ou facilitent l'adaptation de l'organisme au stress thermique.
L'hibiscus (Hibiscus sabdariffa)
L'hibiscus est sans doute l'une des meilleures plantes de l'été. Riche en anthocyanes, flavonoïdes et vitamine C, il possède des propriétés antioxydantes et désaltérantes. Son infusion, naturellement acidulée, est particulièrement agréable servie fraîche.
Certaines études suggèrent également un léger effet hypotenseur et diurétique, ce qui peut contribuer à limiter la rétention d'eau chez certaines personnes.
Prudence chez les personnes souffrant d'hypotension ou prenant un traitement antihypertenseur ou diurétique, car l'effet pourrait s'additionner.
La menthe (Mentha × piperita)
La menthe poivrée procure une sensation immédiate de fraîcheur grâce au menthol, qui active les récepteurs du froid (TRPM8) présents dans la bouche et sur les muqueuses. Cette sensation est essentiellement neurologique : elle ne diminue pas réellement la température corporelle, mais améliore nettement le confort.
Elle favorise également la digestion, souvent ralentie pendant les fortes chaleurs, et aide à réduire les sensations de lourdeur après les repas.
Contre-indications :
reflux gastro-œsophagien important (le menthol peut favoriser le relâchement du sphincter œsophagien inférieur) ;
calculs biliaires symptomatiques sans avis médical ;
éviter l'huile essentielle chez le jeune enfant et pendant la grossesse sans avis d'un professionnel.
La mélisse (Melissa officinalis)
La mélisse est particulièrement intéressante lorsque la chaleur entraîne nervosité, irritabilité, palpitations ou difficultés d'endormissement. Ses composés aromatiques exercent une action apaisante sur le système nerveux et favorisent la détente sans provoquer de somnolence excessive.
Elle possède également des propriétés digestives, antispasmodiques et légèrement antivirales.
Précautions d'emploi :
par mesure de prudence, éviter une consommation importante en cas d'hypothyroïdie ou chez les personnes traitées pour une maladie thyroïdienne, certaines études expérimentales suggérant une possible interaction avec les récepteurs de la TSH. Les données chez l'humain restent toutefois limitées ;
prudence en association avec des médicaments sédatifs (benzodiazépines, hypnotiques, certains antidépresseurs), car un effet calmant peut s'ajouter ;
demander un avis médical pendant la grossesse et l'allaitement en cas d'utilisation régulière.
Le tilleul (Tilia cordata, Tilia platyphyllos)
Traditionnellement utilisé pour favoriser la relaxation, le tilleul aide à apaiser le système nerveux et facilite l'endormissement lorsque les nuits deviennent difficiles à cause de la chaleur.
Il possède également une légère action sudorifique, pouvant accompagner les mécanismes naturels de thermorégulation.
Chez les personnes sensibles, une consommation très importante peut entraîner une légère somnolence.
La verveine citronnée (Aloysia citrodora)
La verveine citronnée est particulièrement appréciée pendant l'été pour son parfum rafraîchissant. Elle facilite la digestion, diminue les ballonnements et procure une sensation de détente après les repas.
Elle est également riche en polyphénols antioxydants qui contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif accentué par les fortes chaleurs.
Elle est généralement très bien tolérée.
Comment les consommer ?
Contrairement à une idée reçue, une infusion tiède désaltère souvent davantage qu'une boisson glacée. Les boissons très froides peuvent provoquer une vasoconstriction transitoire et stimuler la production interne de chaleur afin de rééquilibrer la température corporelle.
Les infusions peuvent être préparées le matin, puis conservées au réfrigérateur dans une bouteille en verre afin d'être consommées tout au long de la journée. Elles constituent une excellente alternative aux boissons industrielles souvent très riches en sucres.
Astuce rafraîchissante : associer hibiscus, menthe et quelques feuilles de mélisse permet d'obtenir une boisson estivale naturellement parfumée, riche en antioxydants et particulièrement agréable lors des journées de forte chaleur.

Choisir les bons vêtements
Le lin reste probablement la fibre la mieux adaptée aux fortes chaleurs grâce à sa grande capacité d'aération.
Le coton léger constitue également un excellent choix.
Les vêtements amples créent une couche d'air protectrice qui limite l'échauffement de la peau, tandis que les couleurs claires réfléchissent davantage le rayonnement solaire.
Pour la literie, c'est la même chose, privilégier des draps en coton, en lin c'est s'assurer un sommeil de meilleur qualité, sans excès de transpiration.
Marcher pieds nus
Lorsque cela est possible, marcher pieds nus sur une pelouse humide ou une terre fraîche procure une sensation immédiate de fraîcheur.
Cette pratique stimule les nombreux récepteurs sensoriels de la voûte plantaire tout en favorisant le retour veineux.
Préserver le système nerveux
La chaleur représente un véritable stress pour l'organisme.
Le système nerveux sympathique s'active davantage, ce qui explique la fatigue, l'irritabilité, les difficultés de concentration et parfois les troubles du sommeil observés pendant les canicules.
Quelques minutes quotidiennes de respiration lente, de cohérence cardiaque, de relaxation ou de méditation permettent d'améliorer les capacités d'adaptation de l'organisme.
Favoriser un sommeil réparateur
La qualité du sommeil conditionne largement notre capacité à supporter la chaleur.
Quelques gestes simples peuvent faire la différence :
aérer largement le logement durant la nuit ;
fermer volets et fenêtres dès les premières heures chaudes ;
utiliser des draps en coton ou en lin ;
prendre une douche tiède avant le coucher ;
placer une bouillotte remplie d'eau fraîche près des pieds ;
humidifier légèrement les draps lors des nuits les plus chaudes.
Les erreurs à éviter
Certaines habitudes aggravent paradoxalement la sensation de chaleur :
boire exclusivement des boissons glacées ;
consommer beaucoup d'alcool ;
abuser des boissons très sucrées ;
pratiquer un effort physique intense aux heures les plus chaudes ;
porter des vêtements synthétiques ;
rester longtemps en plein soleil sans protection.

En conclusion
Le simple foulard humide autour du poignet, les bains dérivatifs, les bains de pieds frais, l'humidification des zones vasculaires, une alimentation légère, une hydratation adaptée, le choix de vêtements respirants et quelques plantes rafraîchissantes constituent autant de gestes simples qui permettent de traverser les épisodes caniculaires avec davantage de confort.
Il ne s'agit pas non plus de fuir systématiquement le soleil. La lumière solaire est indispensable à la vie : elle participe à la synthèse de la vitamine D, contribue à la régulation de notre horloge biologique, favorise la production de certains neuromédiateurs impliqués dans l'humeur et le sommeil, et joue un rôle important dans le bon fonctionnement du système immunitaire. L'objectif est donc d'apprendre à profiter de ses bienfaits tout en respectant ses limites.
Privilégiez les expositions en début de matinée ou en fin de journée, lorsque les rayons ultraviolets sont moins intenses. En revanche, lors des journées estivales, il est préférable d'éviter les expositions prolongées entre 12 h et 16 h, période durant laquelle le rayonnement solaire est généralement le plus puissant et le risque de brûlure ou de coup de chaleur est le plus élevé.
Écouter son corps, rechercher l'ombre aux heures les plus chaudes, porter des vêtements adaptés, un chapeau à larges bords et maintenir une bonne hydratation permettent de bénéficier des nombreux bienfaits du soleil tout en limitant les risques liés à une exposition excessive.
Finalement, face à la chaleur, la nature nous enseigne une leçon essentielle : ralentir, s'hydrater, écouter son corps et respecter ses rythmes restent souvent les meilleurs remèdes.




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